Shine a light – Scorsese, 2008
Vu au cinéma, le documentaire de Scorsese sur les Rolling Stones. Plus qu'un documentaire, il s'agit d'un concert filmé, soupoudrant avarement quelques images d'archives, et une très courte introduction montrant le dispositif et les difficulté que « Marty »rencontre, notamment pour obtenir la play-list avant le concert.
Le tournage a eu lieu au Beacon Theater à New York, une salle de 2000 places, au cours d'une soirée de charité en 2006. La famille Clinton est au grand complet, c'est même Bill qui présente le groupe, (occasion d'une scène très drôle de salutations officielles avant le début du concert...). Ce qu'on voit du public porte à sourire : pas de fosse entre la scène et le public, les premiers rangs occupés par de jeunes gens très bien vêtus, des VIP très sages et pas du tout rock'n' roll en somme (mais qui sentent sûrement très bon). En lisant le Monde ce matin, ça se confirme... :
« Dans le théâtre, l'une des plus belles salles de Manhattan, Scorsese a disposé dix-huit caméras, fait réaliser un décor et filmé deux concerts, à l'automne 2006. Au soir du premier show, les producteurs ont réalisé que le public des Rolling Stones n'était guère présentable et a recruté par voie d'annonce des jeunes filles plus décoratives pour garnir les premiers rangs (l'épisode a été relaté par le New Yorker, dans un article toujours disponible sur le site du magazine). » [article complet ici]
Comme on dit par ici, lol.
Sur le contenu du concert, les Stones, bein c'est les Stones ! Mythiques, énergiques, scéniques, avec des compositions géniales. D'ailleurs le choix des morceaux permet de découvrir des titres un peu moins connnus ou issus d'albums les plus récents, tout en en nous gratifiant des grands classiques. Et je n'avais jamais vu un tel défilé de guitares !
Hélas on doit s'émerveiller par l'énergie de ces papys, dont l'état de conservation varie de grande classe (Charlie Watts rules! ) à un apect bien plus destroy, Keith Richard of course. Vous avez vu la nouvelle campagne de pub Vuitton ? Et punaise, ce qu'ils sont maigreux !
Sur scène ils convoquent trois invités : Jack White, des White Straps, Christina Aguilera qui aurait sans doute aimé être noire (comme Nino Ferrer) vu ce qu'elle tente en vain de faire avec sa voix et qui tourne au meuglement. Grosse claque par contre quand le bluesman Buddy Guy monte sur scène pour une reprise de Muddy Watters, hommage aux influences musicales des Stones. Mention spéciale aussi à la choriste Lisa Fischer.
Sur la porte de la salle de cinéma était placardée une affichette disant à peu près ceci : « Il est interdit de filmer (salle sous surveillance). Par contre vous pouvez danser et applaudir. » Mes deux amis et moi (soit le 1/3 des spectateurs présents ce soir là), avons ainsi expérimenté la danse assise.